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1er Ultra Tour du Mont Aigoual - UTMA

utmahead Cette année, la Midi Libre Cyclaigoual innove avec une longue distance 'ultra'. Le qualificatif 'ultra' ne signifiant pas forcément une ultra longue distance, mais aussi le fait que l'épreuve soit courue en semi autonomie, et surtout sans drafting (interdiction de s'abriter dans le sillage d'un coureur ou dans un peloton). Ces deux caractéristiques, additionnées à une difficulté importante (270 kms et 4800m de D+) mais largement faisable dans la journée, sont celles qui me décident à participer à cette première édition. Je suis en effet particulièrement attaché à l'équité sur une telle épreuve, c'est ce qui fait que tous les finishers sont aussi respectables les uns que les autres. Quelles que soient leurs performances relatives, tous ont affronté la même difficulté seuls, et en cela, ils sont finalement tous des hommes égaux. C'est aussi pour cette raison que j'aime le triathlon, un autre sport dans lequel on ne peut pas tricher (avec soi, ou autrui), ni se cacher et profiter des efforts des autres.

Si vous voulez aller la faire une prochaine fois, voila comment ça se passe.

L'entraînement

Pour ça, c'est simple, 2013 est une année vide pour moi, sans motivations, où je n'ai rien fait. A part un 210 kms en avril, une sortie de 190 kms dans l'Aigoual et une belle sortie D+ au Ventoux en juin, j'arrive ce 15 août avec à peine 4500 kms de vélo route dans les jambes, et quasiment que des sorties autour de 100-120 kms. Par contre, nouveau pour moi, cette année a vu une bonne activité de travail PMA sur le home trainer cet hiver et printemps. De plus, je fais toujours mes 10 kms matin et soir sur le VTT pour le trajet boulot, et ce n'est pas toujours de tout repos, loin de là, il y a bien souvent de l'intensité, même si ce n'est que 5 minutes.
J'envisage de faire l'UTMA début août, sans prétention et en comptant sur mon expérience du long pour gérer. Je vais quand même tenter de m'entraîner un peu pendant les 3 semaines qui me restent.
Du 6 au 9 août, je travaille encore alors ce sera sur le VTT. Je rallonge le trajet travail pour faire entre 30 et 45 kms matin et soir, à bloc. Et j'ajoute une sortie route normale le WE.
Du 12 au 16, je bricole chez moi, je ne roule pas. Je double la sortie le WE pour 2 fois 120 kms environ avec du rythme et du braquet.
Le 20, je fais mon parcours chrono avec un fort vent de nord, et j'améliore quand même mon record de 20". Les 21-22, je fais 160 + 180 kms en autonomie (petit sac à dos léger, nuit en gîte) avec 6200m de D+ en compagnie de Patrick Be. Le 25, une sortie braquasse de 120 kms. Une bonne semaine relativement chargée avec 530 kms.
Puis, reprise du travail, et donc rien d'autre que mes 20 kms quotidiens de VTT sans forcer du tout, histoire de récupérer au maximum.
En gros donc, une décision 3 semaines avant sans être prêt du tout, 1 semaine et demie d'entraînement avec du D+ et beaucoup d'intensité, 6 jours de repos et vogue la galère. Finalement, ça a plutôt bien marché.

Le Parcours

Organisation du ravitaillement

On est quand même très loin de l'autonomie. L'organisation fournit 1 sac coureur auquel on aura accès à Valleraugue (km 55) pour déposer les lampes et les vêtements de nuit, puis au km 190. Pour un ultra en semi autonomie, ça devrait être suffisant.
Mais en plus de ça, il nous est aussi fourni 3 sac plastiques pour récupérer du ravitaillement perso au Vigan (km 146), au col de Rhodes (km 190, double emploi avec le sac coureur, on se demande pourquoi), et enfin au km 208 avant Lanuéjols. Encore en plus de ça, il y aussi à manger à ces ravitaillements (certains servants aussi pour les autres courses). Et il y avait encore des points d'eau supplémentaires à l'Asclier, à l'Espérou et au début des gorges de la Jonte.
Ne nous méprenons pas. Je ne suis pas en train de dire qu'il y en avait trop. Mais on s'éloigne quand même un peu de l'esprit d'autonomie.

Préparatifs

On arrive à Meyrueis le samedi en fin d'après midi. Il faut récupérer les plaques de cadre, faire contrôler l'éclairage sur les vélos, et déposer nos sacs de ravitaillement avant 20h. Du coup, on est un peu à la bourre, avant d'aller manger. A 22h, tout le monde est au lit.
Réveil à 4h, petit déjeuner à 4h15, on prend notre temps, comme si on n'était pas pressé d'y aller. Gonflage des vélos à moitié dans le noir (prévoir une frontale pour la préparation extérieure du matin), on jette tous nos sacs dans la voiture en vrac, et on se dirige vers le départ. On y arrive 2 minutes avant le coup de feu, et on est vite pointé sur la liste puisqu'il ne manquait plus que nous. Du coup, on n'attend pas longtemps, Feu, c'est parti.

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5h du mat, j'ai des frissons, je claque des dents et je monte le son...
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La course

Je ne sais pas pourquoi la voiture ouvreuse ne peut pas rouler à 20 km/h jusqu'à la sortie de Meyrueis au moins. Bon, on n'est pas à 50 km/h comme au départ d'une cyclo, mais je trouve qu'on va déjà bien vite. Heureusement, la sortie est plutôt en montée, ce qui limite la vitesse. L'air est calme, on ne sent pas de vent, la température est fraîche mais pas froide, c'est idéal pour grimper à l'Aigoual.

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C'est là que je suis, suivi du 'Grand'...
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Re moi derrière le panneau

Jusqu'en haut du Perjuret, on maintient une bonne allure. Dans les petites bosses avant Cabrillac, on est déjà secoué par des accélérations à l'avant, auxquelles je me garde bien de répondre. C'est à partir de là que le peloton s'effiloche et s'éparpille. Je roule seul, avec des gars pas loin devant et derrière. Je ne sais pas à quelle vitesse je vais, ni quel est le pourcentage de pente, je roule aux sensations 'faciles', et ça monte tout seul sans la moindre turbulence. Je rattrape un gars à quelques kms du sommet et on discute un peu. Nous voila déjà au sommet et je n'ai pas eu l'impression de forcer le moins du monde. Tous les voyants sont à l'ultra-vert.
Juste au sommet, il y a une couche de brume de 2 mètres d'épaisseur. C'est tout flou dans le puissant halo du phare, mais si on lève la tête, on voit les étoiles et la lune parfaitement clairement.

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Sommet. Photo prise quelque temps après notre passage. Il faisait encore nuit noire quand je suis passé.

On bascule vers la Seyrérède, 100m plus loin, plus de brouillard. Mon phare éclaire très large et loin et me donne une très bonne visibilité dans la descente par nuit noire. Je peux descendre à 40-45 km/h sans problèmes, alors que ceux qui n'ont qu'une frontale sont un peu coincés (mais ils n'hésitent pas à prendre la roue de ceux qui ont un bon phare). On commence à voir le jour à mi-descente, et il fait clair à Valleraugue où on démonte l'éclairage et pose la veste coupe vent fluorescente.
Patrick et Fred arrivent quand je repars pour le col du Pas, dans lequel je décide de visiter une cabane abandonnée au fond du jardin. Ils en profitent pour me redoubler. Qu'à cela ne tienne, je repars 2 minutes après, les rattrape (ils sont un groupe de 6 ou 7), puis les distance sans forcer spécialement. Je me suis demandé depuis le début si j'allais rouler seul à ma main, ou bien rester avec eux (tout en respectant le non drafting bien sûr). Mais dès le Perjuret, et encore plus l'Aigoual, l'écart s'était fait et j'ai su que j'allais rouler seul. Ce n'est pas évident, on a envie de rester avec les copains, mais on veut aussi faire son meilleur et donc ne pas avoir à attendre.
Passe le col de l'Espinasse et la descente vers St André de Valborgne. Plusieurs zones fraîchement et généreusement gravillonnées me font ralentir à 15 km/h, ce crissement sous les pneus déclenchant maintenant chez moi une réaction instinctive de ralentissement très marqué. Heureusement, ce n'est pas toute la descente. Un peu plus loin, Patrick et Fred me rattrapent, ils m'ont repris les 2 ou 3 minutes d'avance que j'avais au sommet (Patrick est un bon descendeur, et Fred un bon suiveur de trajectoire). La fin de la descente est moins sinueuse, et comprend un replat qui me permet de rester avec eux jusqu'en bas.
On s'arrête prendre de l'eau à la fontaine de St André de Valborgne, et je repars le dernier avec 1 bonne minute de retard. On prend la route qui remonte vers le Pompidou en faux plat montant. Je me mets en chasse pour les rattraper, puis roule un peu avec eux en tête. Quand la pente s'accentue, ils ne suivent plus et me voila de nouveau en train de m'éloigner.

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Vers le Pompidou

Arrivé au Pompidou, on est sur la corniche des Cévennes. Il y a encore un peu de montée douce dans laquelle je rattrape le gars avec qui j'avais discuté dans l'Aigoual. Selon les arrêts de chacun, on se doublera régulièrement jusqu'aux gorges de la Jonte où je le laisserai définitivement derrière moi.

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Corniche des Cévennes

Dans la descente de St Roman de Tousque, un autre gars doublé dans la montée du Pompidou me rejoint. On est maintenant trois pour l'approche vers les Plantiers, je roule devant, les autres à côté ou légèrement en retrait. Le scénario habituel se rejoue: dès que la pente s'élève, je distance mes suiveurs, et je fais une bonne montée de l'Asclier.

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Début de l'Asclier après les Plantiers
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Col de l'Asclier

Au sommet, il y a un point d'eau où je fais le plein des bidons. J'ai le temps de repartir avant que les autres n'arrivent, dans la longue descente vers le col de la Triballe. Suit la mini-remontée vers le col des Cabones, et la descente reprend jusqu'à Peyregrosse. C'est là que mes poursuivants, accompagnés de 2 autres me rattrapent encore, puis me distancent, débouchant sur la route de Pont d'Hérault avec 200m d'avance.
Encore une fois, je repasse en mode rouleur et les double vite, constatant de nouveau qu'ils augmentent l'allure pour me suivre. Je resterais devant jusqu'au ravitaillement du Vigan où je perds quelques minutes à trouver mon sac de ravitaillement et à manger un pain aux raisins et boire un coca. Au moment de repartir, Fred et Patrick que je n'avais plus vus depuis la montée vers le Pompidou arrivent.
Jusque là, tout est passé facile, bien que les derniers 10 kms en mode rouleur ont commencé à me faire sentir mes jambes. Nous sommes au 150ème km avec 2600m de D+, et le plat de résistance arrive: le col de la Luzette avec approche par Mandagout. Cette approche, constituée de beaucoup de raidards, est très irrégulière et je l'ai trouvée assez difficile. De plus, la route était par en partie recouverte d'une épaisseur de gravillons telle qu'il n'était pas possible de se mettre en danseuse dans la pente, la route arrière n'ayant alors plus aucune adhérence. Le passage dans la forêt avant le sommet, avec ses 4 lacets à 10-12%, mais surtout ses fins de rampe à 18%, est terrible et je gère chaque coup de pédale sur 34/27 pour tenir jusqu'en haut.

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Lacets dans la luzette, avec ses rampes à 12%, qui terminent à 18%

La déshydratation m'a gagné, les alertes crampes sont plus fréquentes, et je fais vraiment juste ce qu'il faut pour arriver à l'Espérou sans 'tomber en panne' et devoir m'arrêter de force. Les derniers petits coups de cul avant l'Espérou seront passés tout souple sur le petit plateau, là où c'est grand plateau à l'arrache d'habitude.
Ouf, je suis à l'Espérou, je sais que j'ai maintenant un bon morceau pour récupérer. Je bois une demie bouteille d'eau gazeuse au ravitaillement, et en remplis un bidon. La descente des gorges de la Dourbies se fait malheureusement avec un vent globalement défavorable, qui m'oblige quand même à appuyer sur les pédales et ne me permet pas de récupérer autant que j'aurais voulu. Je fais aux sensations, mais ne peux éviter une (sorte de) crampe dans l'aîne, un phénomène habituel chez moi sur du long avec du rythme. La solution est simple, tendre la jambe, attendre 1 minute ou 2, je sens que ça se relâche et je peux alors repartir comme si de rien n'était. C'est pendant ce ralentissement que le gars de l'Aigoual me redouble en me demandant si ça va, me voyant quasiment à l'arrêt.
Je le rattraperais au ravitaillement du col de Rhodes au km 190. Celui là, je l'attendais depuis un petit bout de temps, mon estomac donnant des signes de famine depuis une petite heure. Dans mon sac de ravitaillement, un gros sandwich jambon beurre demi sel et un coca. Je prends le temps d'en manger la moitié sur place, puis remonte sur le vélo pour continuer de manger en roulant. Dans la descente vers Trèves, je range ce qu'il me reste dans la poche. J'attaque alors la bosse pour remonter sur le plateau vers Lanuéjols.

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Sortie de Trèves

Depuis le dernier ravitaillement, on a parcours commun avec la CyclAigoual, et des petits jeunes nous doublent, ne sachant pas j'imagine la différence de kilométrage et de dénivelé qu'on a dans les jambes. Mes jambes ont bien récupéré: musculairement, il n'y a plus d'alerte crampe, mais question force, ce n'est plus tout à fait ça. En haut de la bosse, on passe une partie en plateau avec vent de face jusqu'au ravitaillement de Lanuéjols où je passe la barrière horaire très largement. Je refais un remplissage de bidon à la Quézac.
Peu après ce ravitaillement, je rattrape 2 gars que j'ai souvent vus aussi depuis le départ et qui font le circuit ensemble. Je me met à coté du premier et je discute un peu. Il m'explique qu'ils ne sont en fait pas des cyclistes, mais des traileurs ultra, et qu'ils font juste du vélo 3 mois par an. Une preuve de plus que, comme je l'avance depuis 1 ou 2 ans, on peut très bien faire de la longue distance avec seulement l'expérience de la gestion du long, et une bonne caisse travaillée avec autre chose que du vélo. Autrement dit: pas besoin de faire des milliers et des milliers de kms d'entraînements pour se lancer sur un 300.
La montagne dans cette région est très caractéristique, avec de hautes colonnes de rochers, et de multiples grottes naturelles dans les parois. C'est très spectaculaire.

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Descente de Revens

On revient sur la Dourbies dont on suit les gorges sur une dizaine de kms pour arriver à la Roque Sainte Marguerite. On en est à 235 kms et 4300m de D+, et voila la dernière bosse dont les 3 premiers kms sont entre 7 et 10%, et là, je dois avouer que je coince un peu. Je ne peux suivre les deux traileurs qui me distancent doucement. La différence n'est tout de même pas importante et je les rejoins juste après le sommet. Impossible de les suivre dans la descente vers le Rozier, je conserve beaucoup de prudence et descends bien moins vite.
Au Rozier, il ne reste qu'à reprendre les gorges de la Jonte, globalement un faux plat montant (mais avec quelques parties descendantes aussi). Un panneau indique Meyrueis à 21 kms. Je regarde mon compteur et voit que ça ne fera que 262 kms, bizarre. Les deux traileurs se sont arrêtés prendre de l'eau à leur voiture d'assistance, ils m'en proposent mais je n'en ai pas besoin et je ne m'arrête pas. Plus loin, je rattrape et double le gars de l'Aigoual qui a du mal dans la partie montant assez fort juste à la sortie du Rozier. Plus loin, il y a un point d'eau avec la Quézac. Bien que j'avais encore un bidon plein, je m'arrête quand même pour l'eau gazeuse. Au bout de 10 kms, je me dis "plus que 10 kms", et là, un panneau indique "Arrivée 15 kms". Arghh, c'est pas sympa çà. Bon, je retire l'affichage de la distance sur le compteur et passe sur l'heure. Je suis encore à moins de 11h de course et selon la distance qu'il reste, il y a une possibilité de rentrer en moins de 11h (alors qu'au départ, la question était de voir si j'allais mettre plus ou moins de 12h), mais je ne suis pas sûr de combien de kms il reste. Finalement, c'est le panneau arrivée qui était juste, et je passerais la ligne en 11h07, en relativement bonne forme et pas cassé.

La distance réelle est finalement de 266 kms, une petite modification du parcours ayant retiré quelques kms entre St André de Valborgne et le Pompidou. Le temps de roulage est de 10h45 à 24,8 km/h de moyenne, et le D+ mesuré au Polar de 4800m. Avec une FC moyenne de 140 pulses/min sur l'ensemble de la course, mon coeur aura battu près de 95 000 fois pour me propulser tout au long de ce parcours qui finalement, passe assez tranquillement en mode endurance moyenne.

Dans l'ensemble, c'est une très bonne organisation, et ce parcours, bien fléché, est vraiment magnifique, surtout la fin après Trèves que je connaissais beaucoup moins. Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est un parcours facile, mais pour qui a déjà l'expérience de quelques longues distances (BRM 300 avec un peu de montagne), c'est accessible en gérant sans une très grosse préparation (mais avec un bon fond). Ça vous fait peur? Allez, lancez vous, vous ne le regretterez pas une fois fait, je vous le promets.

A noter aussi le prix très accessible de l'inscription: 40 euros, pour une prestation comprenant le sac UTMA (accessible aux kms 50 et 190, et récupéré à l'arrivée), un teeshirt technique 'mettable', un repas d'après course, des ravitaillements et points d'eau bien suffisants, un fléchage correct. Franchement, c'est très correct. A l'heure où certaines cyclosportives s'approchent des 100€, où des Bordeaux Paris sont relancés à plus de 300€ et où des épreuves à étapes demandent jusqu'à 1500€ (hors hébergement !!!), je dis, jetez vous tous sur ces organisations qui font encore des épreuves pour tout le monde.

J'ai tout de même quelques reproches à faire autour de la qualification "Ultra" utilisée pour nommer cette course:

Se donner les moyens de ses ambitions

L'organisation a bien spécifié cette particularité d'une course en ultra sans drafting. Elle a même annoncé des pénalités allant jusqu'à 30' pour qui se ferait surprendre en train de s'abriter. Mais elle n'a pas mis le moindre commissaire sur les motos pour veiller au respect des règles. Il y a eu plusieurs petits pelotons de 5 à 7 unités qui ont carrément fait tout le parcours en groupe, parfois dans ma roue quand j'en rattrapais et doublais un. Je n'en veux pas particulièrement à ces coureurs là car je ne pense pas qu'il y ait une intention de gagner des places au classement. Une bonne partie ne recherchaient d'ailleurs pas l'abri, mais ne le dédaignaient pas quand il se présentait devant leurs roues. N'empêche que, pouvoir s'économiser dans les parties roulantes et venteuses facilitait sans aucun doute l'ascension suivante, et influait donc nécessairement sur le chrono. J'en veux par contre à l'organisation qui montre ainsi très peu de respect pour ceux qui suivent les règles, d'une part en n'assurant pas l'équité des conditions, d'autre part, en ne différenciant nullement au classement ceux qui ont vraiment roulé seul sur l'ensemble du parcours. Un tel comportement sur un triathlon aurait résulté en la disqualification d'un gros tiers des concurrents.

Voitures suiveuses

L'organisation a autorisé les voitures suiveuses et l'assistance aux coureurs en n'y mettant qu'une seule condition: l'assistance ne peut se faire que voiture arrêtée. Je trouve que ces restrictions sont très insuffisantes.
Je vous rappelle qu'on parle aussi de semi autonomie. Quand, dans l'ascension d'un col de 8 kms, la voiture d'un concurrent vous double 5 ou 6 fois pour s'arrêter à chaque fois un peu plus haut, j'ai du mal à comprendre de quelle autonomie on parle. C'est pratiquement un ravitaillement au kilomètre. Le gars n'a même plus besoin de porter ses bidons sur lui, pas plus que de disposer de nourriture dans ses poches. Outre l'inéquité de la pratique, il y a aussi la gêne occasionnée par ces voitures que tu vois arrêtées au bord de la route, puis te doubler un peu plus tard pour les retrouver encore un peu plus loin.
Il existe une autre épreuve sur laquelle l'assistance en voiture est autorisée, c'est Paris Brest Paris. Mais là, non seulement les voitures ne peuvent assister qu'aux contrôles ravitaillement officiels d'une part, et elles doivent utiliser une route différente pour sauter de contrôle en contrôle. Elles doivent en outre porter un gros autocollant qui permet de les identifier.

Conclusion

Dans cette interview de l'organisateur de janvier 2013, on peut pourtant lire quelques bonnes intentions:

  • Nous voulions avec l’UTMA revenir aux fondamentaux des cyclosportives, c’est-à-dire un défi que l’on se lance à soi-même dans un environnement exceptionnel. C’est pour cela qu’après la première ascension du parcours (Le col du Perjuret ), les UTMAdhérents auront comme consigne de ne plus rouler dans les roues d’autres participants (3 m derrière minimum). Le côte à côte sera autorisé néanmoins. La performance réalisée sera une performance réellement individuelle !
  • L’UTMA est une épreuve en semi autonomie mais à titre prosélytique, nous autoriserons les véhicules (vélos, motos, voitures) 100% électriques à assister les participants...

Si on ne veut pas se donner les moyens d'assurer l'équité, alors il ne faut pas faire de chronométrage, pas de podium, et pas de classement. Mais tel que ça s'est passé cette fois ci, la dénomination 'ultra' est de trop pour cette épreuve. Bon, c'était la première, et tout le reste était très bien organisé. Espérons donc que ces points seront très nettement améliorés pour la prochaine édition. Si le but est de créer une épreuve mythique, une épreuve que tout un chacun pourra être fier d'avoir traversé également, alors il faut vraiment insister sur ces points. La distance, un peu courte tout de même, pourrait être portée à 300-320 kms, avec un départ à 3h du matin. Quant aux véhicules d'assistance électriques, ça ne change pas le problème d'une part, et elles n'ont pas l'autonomie d'autre part (de plus, il faudrait arrêter de dire partout que l'électrique, c'est propre. Mais c'est un autre sujet...)

Le vélo, c'est aussi une école de la vie. C'est en faisant qu'on apprend, et il faut oser partir dans l'inconnu pour élargir son horizon et gagner sa liberté. Ce qui était inimaginable hier devient alors facile aujourd'hui. L'épreuve doit avoir tendance à augmenter sa difficulté, pas à la diminuer.

Commentaires  

#1 Abraracourcix vendredi 6 septembre 2013 06:19
"L’UTMA est une épreuve en semi autonomie mais à titre prosélytique, nous autoriserons les véhicules (vélos, motos, voitures) 100% électriques à assister les participants..."

A la lecture de ça, si riche de sens sur la faiblesse de personnalité de l'auteur, je n'aurais eu aucun doute sur l'absence de suite dans les idées...

Pour l'allongement de la difficulté, tu me diras sans doute que les descentes de nuit font partie de l'ultra, mais j'avoue que j'y vois une compétition allant trop chercher sur le niveau de risque pris (avec notamment les cailloux et les gravillons). Il y a aussi la solution de dater près du solstice d'été. A la fin juin, on peut envisager 300 à 320 bornes sur la durée du jour après la montée initiale.
#1.1 ericl vendredi 6 septembre 2013 08:09
C'est même la route de nuit en général qui fait partie de l'ultra. Quant au risque en descente, chacun voit pour lui, et il est tout aussi présent de nuit que de jour. Faire les descentes prudemment fait effectivement perdre beaucoup de temps. Par rapport aux gars que je distançais en montée et qui me reprenaient avant la fin de la descente suivante, j'estime que j'y ai perdu en tout entre 12 et 15 minutes.

Pour l'allongement à 320 kms et un départ plus tôt (plutôt qu'une arrivée plus tard), j'ai pensé en fait aux bénévoles. Avec plus de route de nuit, l'arrivée reste dans les mêmes eaux.
#2 Abraracourcix vendredi 6 septembre 2013 20:39
La nuit, il y a quand même plus de risques avec les cailloux, les gravillons, les trous.
#2.1 ericl vendredi 6 septembre 2013 21:39
Bien sûr. On peut aussi y voir mieux de nuit avec un bon éclairage en limitant la vitesse, qu'en plein jour en lâchant tout. Ne faisant pas la course, la question ne se pose pas pour moi.
#2.1.1 ericl vendredi 6 septembre 2013 21:41
Note bien que ça ne m'a pas empêché de me vautrer sur des gravillons, de jour, et à basse vitesse.
#3 brigitte jeudi 19 décembre 2013 17:44
Magnifique épreuve ... ça fait penser à l'AVM ... mais avec un départ de nuit ... A ton sens, c'est comparable ?
Y a t-il des barrières horaires, et lesquelles ?
#3.1 ericl jeudi 19 décembre 2013 18:53
Oui, en difficulté, c'est comparable à l'AVM (dans les chiffres, parce que je n'ai jamais fait l'AVM). Par contre, c'est en solo sans drafting et semi-autonomie. Il y a moins de cols, mais ils sont plus longs et plus pentus (souvent plus de 7%).
Il y a une barrière horaire à 15H au km 208 ou il reste 10 kms pour finir en coupant.

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